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Sunday, December 29, 2013

Les Racines du ciel

J'avais beaucoup aimé le livre de Romain Gary sur la ségrégation et les racismes aux Etats-Unis Chien blanc, je m'attendais à beaucoup de son bouquin Les Racines du ciel alors. Malheureusement ces espoirs ont été déçu. Gary ici décrit la lutte Kohlhaasien d'un écologiste prêt à tout pour préserver les éléphants que les Européens tuent en Afrique pour le plaisir. Il y mélange les expériences de ses protagonistes dans l'Europe de la deuxième guerre mondiale, des camps mais aussi des viols commis par des soldats soviétique à leur entrée en Berlin. un drôle de mélange qui ne convainc guère et qui en plus s’étend sur beaucoup trop de texte et surtout trop de répétition comme si l'auteur avait besoin de se rassurer soit-même sur les sentiments qu'il faisait avancé ses personnages.

Tuesday, October 22, 2013

Oublier Berlin

Jean-Yves Cendrey commence son livre Oublier Berlin avec une citation de Céline qui peut être lu symbolique pour la ville qu'il décrit ainsi: "Pluie, soleil, ou neige Berlin a jamais fait rire, personne!"

Cendrey s'est mis dans ma cœur par une drôle de façon, par son dépit de Berlin. A un moment où tout le monde semble s'approprier la ville, où même les expatriés hipsters s'auto-proclament innocent du sacking (en autres mots: le changement) de Berlin, cet auteur français parle d'une ville qu'il trouve froid, sans charme, dans un pays qui vit une résurgence de l’extrême droite où les attentats sur les maisons d'habitations des demandeurs d’asiles paraissent quotidien. C'est le Berlin, l'Allemagne de Mölln, de Rostock-Lichtenhagen, directement après la réunification avant ni les touristes ni les expatriés avait découvert la ville. 

Années glorieuses soi-disant, sauf que Cendrey n'aimait pas la ville. Il s'échauffe sur le comportement bien berlinois de toujours gueuler sur son voisin (un vrai Berlinois ça se fait remarquer par sa Berliner Schnauze - sa gueule de gueulard), il s'échauffe du temps, des administrateurs, des policiers. Et il a raison évidemment, la ville qu'il décrit était (et l'est) moche, les gens n'y sont pas trop sympa et il n'y a toujours pas particulièrement de style (hors de quelques quartiers en vogue du centre-ville).

Un aperçu d'un Berlin qui n'existe plus où qui existe - en partie - encore mais qui a été couvert par un nouvelle image celle d'un Berlin arm aber sexy (pauvre mais sexy) peuplé par par des gens hips du monde entier. Un aperçu qui vaut bien le coup en plus. Et d'ailleurs autant que Cendrey avait raison, autant que je suis d'accord avec lui, je reste un fier Berlinois et Cendrey évidemment y vit de nouveau depuis un décennie maintenant. Je suis curieux de voir ce qu'il a écrit sur Berlin ces derniers années au fait.

Tuesday, August 13, 2013

Agar

Marrant à quel point la Tunisie m'occupe encore, à part de religieusement suivre les développements politiques là-bas, voici alors un auteur franco-tunisien en Albert Memmi. Juif, il faisait ses études en France et décrit (pseudo?)-autobiographique son retour difficile en Tunisie avec sa femme française.  Le clash culturel ici parait impossible à dépasser même pour un couple qui s'aime mais commence à se détester pour son opposition aux aspects culturels respectifs et chers à l'autre. Ce n'est pas un chef-d’œuvre et il parait étonnement (ou pas) dépassé vu le peu de nombre de juif en Tunisie aujourd'hui et le degré auquel la vie là-bas a changé depuis le temps Memmi décrit. Et pourtant une lecture qui rend curieux d'essayer un autre de l'auteur.

Friday, July 19, 2013

Les Mots

Je lis beaucoup trop vite en ce moment malheureusement - mon emploi du temps m'y aide trop - alors je suis tellement en arrière que mes critiques me paraissent superficielles voire superflues parfois. Mais tant pis, je fais ceci autant pour avoir un compte rendu de mes lectures que tout autre chose. Sartre alors, dont j'ai aimé la trilogie Les Chemins de la liberté que j'avais lu quand je parlais à peine le français (ou au moins je le ressens comme tel aujourd'hui). 

Les Mots est bien différent de cette trilogie sublime ainsi que peu comparable aux drames magnifiques Les Mouches et surtout Huis Clos. Ce petit bouquin est un sort de A Portrait of the Artist as a Young Man en plus jeune et moins catholique. L'auteur y raconte son enfance, sa mère veuve, son grand-père dominant. Il regarde sa famille - qui lui a clairement fournie et plus tard permis une éducation importante - d'un point de vue arrogant qui est impressionnant parfois. Cela en gardant une fausse modestie voire perception ironique de ce qui concerne ses capacités intellectuels de l'époque.

En somme de tout un livre qui pâlit en comparaison avec ce que j'avais lu de Sartre avant, en terme de beauté autant que d'importance.

Saturday, February 16, 2013

Aurélien

 Quoi dire sur Aurélien de Louis Aragon? Il semble presque bizarre qu'une personne comme moi - prétendue rationnelle, orientée par des faits - aimerait autant une histoire d'amour si sentimentale.  Mais Aragon est sentimental, ses deux personnages principaux se dévorent d'un amour impossible voire vain- et basé sur rien hormis quelques petites rencontres, sans trop l'être. Il garde - surtout à la fin en fait - un sang froid intellectuel que je trouve impressionnant. De la même manière Aragon semble un très, très fin observateur des humains et de leurs interactions. Ses remarques - presque des aphorismes - sur le comportement de ses protagonistes sont convainquantes(et déprimantes par leur réalisme de temps en temps). Un livre très fort.

Monday, December 31, 2012

Nord

Lecture difficile. J'ai eu du mal à finir Nord de Céline en parallèle avec mes études. Ce roman autobiographique est beaucoup moins accrocheur que son œuvre la plus connue, Voyage au bout de la nuit. Le style d'écriture est par ailleurs peu accessible. Céline y décrit le début de son exil après la fin du régime de Vichy et l'occupation allemande de la France. L'auteur a été qualifié par Malraux de « pauvre type » mais de « grand écrivain », admiré pour son Voyage au bout de la nuit et condamné pour son collaborationnisme intellectuel et ses diatribes antisémites.

En 1944, il fuit Paris avant la libération, craignant les répressions dont il pourrait faire l'objet. Il se rend en Allemagne, à Baden-Baden, puis à Berlin et finalement à Kränzlin (Zornhof dans son roman - petit village aux alentours de Berlin). Céline décrit une Allemagne en désarroi dans les derniers mois de la guerre, les fêtes orgiaques à Baden-Baden où - comme partout - tout le monde sait que la guerre est perdue mais personne ne l'admet, la corruption voire la tromperie à Zornhof où un dernier SS et la police règnent toujours sans que l'espoir ni la croyance ne subsiste. C'est un monde apocalyptique qu'il voit et décrit peuplé de personnage désespérés, perdus et sans scrupules. Il y voit relativement clair sans doute.

Pourtant l'auteur est incapable d'appliquer cette franchise intellectuelle à lui-même. Non seulement attaque-t-il ceux qui osent le qualifier dans la France d'après-guerre d'hypocrite et de ridicule, et dénonce-t-il leur focalisation sur lui - sans doute à raison vu l'importance de la collaboration en général - mais il nie aussi toute erreur de sa part. Il estime ne pas avoir commis de fautes, réagissant seulement à des circonstances difficiles . Il prétend s'être retrouvé dans cette situation à son insu et le lecteur cherche en vain une réflexion de sa part sur l'horreur du régime nazi et sur sa collaboration (intellectuelle).

Une lecture difficile donc, au niveau linguistique et en raison de son contenu. Le livre est loin d'atteindre la qualité de Voyage au bout de la nuit, mais reste néanmoins intéressant.

Wednesday, August 29, 2012

Chien blanc

Un français qui voyage aux Etats-Unis et les expliquent à ses contemporains français voire européens. Quoi de neuf? Ce n'est ni Crèvecoeur, ni Tocqueville mais une version littéraire de la vie de Romain Gary et son épouse Jean Seberg entre LA et Paris en 1968. Le Chien blanc du titre fait référence à un chien dressé contre les noirs qui leur tombe dans les mains et qui l'auteur/le personnage principal veut faire guérir avec l'aide d'un dresseur d'animaux noir. Gary (l'auteur) démontre bien le racisme des blacks autant que des blancs dans son livre au même temps qu'il y voit la futilité d'une lutte où les blacks se sentent américains sans de le s'admettre tout à fait.

Un livre qui bouge (saute?) entre la vie familiale de Gary, le civil rights movement, la bataille de rue à Paris en 68, et plusieurs individus sur les différents côtés.Ce mélange est son forte mais aussi son faiblesse. Parfois le récit faisait l'impression de manquer de cohérence mais au même temps quelques descriptions font une forte impression sur le lecteur (voire moi) par exemple un leader militant des noirs Afro-Américain 'Red' dont un fils à déserté l'armée, l'autre y fait carrière ou la scène où Gary et un co-resistant dessinent des slogans de leur jeunesse (sur l'Espagne et des autres sujets) sur un mur dans le Paris révolté de 68.

Friday, July 20, 2012

Les Lotophages

Un résidu de mon séjour en Grèce l'année passée, Les Lotophages a été écrit par le rare - au moins aujourd'hui - homme politique écrivain, Vassilis Vassilikos. Il y raconte dans un drôle de mélange l'histoire d'une ville sur une île grecque qui découvre le tourisme, les efforts des kamakias (dragueurs de touristes) d’être reconnu en tant que profession, et les efforts homme-femme plus généralement. Ceci fait un livre plein de cul mais aussi rempli des bons mots sur des relations intersexuelles ainsi qu'intéressant pour ceux peu au courant de l'histoire de la Grèce moderne (meme si The Third Wedding Wreath est une meilleure source de ce point de vue).

Tuesday, June 19, 2012

Terre et Cendres

Je ne peux pas réclamer d'avoir lu beaucoup d’œuvre afghan, Terre et Cendres d'Atiq Rahimi traduit du persan m'est tombé dans des mains quelque part. Le livre a été adapté dans un film aussi, mais ce court roman est surtout d'une force sentimentale impressionnante. Un cheikh cherche son fils avec l'idée en tête de lui ramener l'enfant de ce dernier et rien se passe vraiment. Le vieux homme attend seulement, il fait chaud, il est à coté d'une route poussiéreuse et c'est tout. Mais quel capacité de l'auteur de transmettre la tristesse du grand-père, de faire comprendre la misère de la guerre soviétique en Afghanistan.

Wednesday, May 23, 2012

La Tante Julia et le scribouillard

Acheté après que Mario Vargas Llosa avait gagné le Prix Nobel de littérature, La Tante Julia et le scribouillard est le travail fictif de Llosa sur sa première mariage ou plutôt le début de son histoire d'amour avec sa 'tante' (la sœur de la femme de son oncle). Le livre est autant une description du Lima de l'époque, qu'une histoire et finalement, mais pas en moindre importance, un hommage aux feuilletons de radio (des soap opera vraiment) populaire en Amérique du Sud (et aujourd'hui remplacé par ses équivalents à la télé). Llosa alterne toujours un chapitre sur la vie de ses protagonistes avec un de ces feuilletons qui eux ne sont que peu liés entre elles et alors ne font pas la lecture plus facile parfois.

Friday, March 02, 2012

Vingt ans pour plus tard

Similaire que Enfances tunisiennes Vingt ans pour plus tard consiste de plusieurs auteurs qui y racontent '4 nouvelles et un conte'. Les auteurs ne sont pas tunisiens pour la plupart mais y ont vécu en résidence d’écriture. Ceci fait que les textes différent fortement entre-eux dans la perspicace de leurs observations de la société voire dans le fait qu'il s'agit proprement d'un thématique tunisien ou juste d'une histoire qui prend place en Tunisie. Je dois avouer que j'avais du mal a retrouver la Tunisie dans laquelle je vis dans beaucoup de ces nouvelles. Ananissoh dans sa description des relations amoureuses réussit le mieux dans ce sens. Pour des autres Filali qui raconte une histoire qui pourrait prendre place partout me plaisait de plus, surtout je crois parce que les autres auteurs semblaient de n'avoir pas assez d'esprit critique voire une perception trop optimiste pour ne pas dire assez profond de la société tunisienne. Je ne veux pas avec cela faire un jugement de la Tunisie toute entière et négative mais il est clair qu'il s'agit ici d'une société pleine de conflits, pleine de problèmes (sociaux, économique, dans le rapport homme-femme), et d'ignorer ces aspects trop ne sert a peu de mon point de vue.

Sunday, December 11, 2011

L'attentat

Je ne sais pas qu'est-ce que c'est exactement avec la littérature algérienne. Peut-être quelque chose dans l'eau la-bas. En tout cas je kiffe vraiment vaque auteur algérien que j'ai lu jusqu’à maintenant - admettons, il n'y en pas trop. Cette fois-ci c'est Yasmina Khadra et on livre L'attentat. Son livre décrit les tentatives d'un palestinien de nationalité israélien, bien intégré, voir riche et avec beaucoup de succès comme médecin, qui gère - ou pas - le suicide de sa femme en tant que bombe humaine.

Sujet très difficile, et Khadra souvent - parfois? - prend des positions auxquelles j'ai du mal de m'accorder. Mais il n'entre pas trop dans le jeu politique et peint un conflit israélite-palestinien sans vrai personnage vilaine. Ce suffit pour lui de démontrer la violence, le conflit intra-palestinnienne, le racisme quotidien envers des palestiniennes vivant en Israël mais son raisons d’être. Un livre comme un ouragan qui emmène le lecteur avec lui sans qu'il puisse s’arrêter ni savoir ou il en va finir.

Friday, November 11, 2011

Alexandre Dumas à Tunis

Je suis en train d'attraper les observations sur les livres que j'ai dernièrement lus, ce qui ne jamais bien. Mais hélas, ça arrive malheureusement. Alexandre Dumas à Tunis - Impressions de voyage a été écrit par Dumas père mais ici a été excepté par une maison d’édition tunisienne. Je crois que le récit faisait parti d'un texte plus longue auparavant qui contient aussi des détails du voyage de Dumas et compagnie en Espagne et Algérie.
Dumas voyageait très classe sur un vaisseau de la marine française et visitait Bizerte et Tunis seulement en Tunisie. Quand même ses observations restent pertinentes et intéressantes, il a clairement lu un peu sur le sujet et avoir eu des échanges avec des autres qui s'y connaissaient mieux. Ses descriptions de certains scènes de châtiment, une exécution typique sur Bab Souika (!), ainsi que des relations hommes-femmes et femme en ville contre femme dans le désert sont assez révélateur. Le livre reste court et plain de détails peu pertinent - le succes de la chasse partout - mais m'a donne un aperçu intéressant d'un Tunis qui n'existe plus vu par un étranger lettré.

Wednesday, October 19, 2011

Le Village de l'Allemand

Un écrivain politisé algérien qui écrit en français et dans son livre Le Village de l'Allemand ou Le journal des frères Schiller parle à la fois de l'histoire allemande, algérienne et l’intégration en France. Clairement il y en avait pour que je m'y intéressais. Ironiquement Boualem Sansal vient de ganger le Friedensbuchpreis en Allemagne est celui que j'ai considéré comme obscure était omniprésent pendant mon séjour à Berlin la semaine passée.

Sansal ici raconte l'histoire des deux frères Schiller dont le père était allemand mais pourtant faisait partie de la résistance contre la colonisation française. Ayant marié une jeune femme dans un bled algérien, ce père les fait envoyer en France dans leur adolescence. Le livre se base sur la recherche des ces deux frères sur leur père, leurs pays et comment gérer voire comprendre le passée.

Comme ma récente découverte Kateb Yacine, Sansal remplit bien mon image sans doute idéalisé de la littérature algérienne comme étant particulièrement intéressante et de qualité. L'auteur habite toujours en Algérie - autrement que beaucoup de ses co-intellectuels algériens - et paraît de jouer un rôle important comme écrivain critique vers le regime en place dans son pays autant que vers les Islamistes. Sur ce dernier point je le trouvais même trop extrême mais cela vient sans doute avec ayant vécu en Algérie pendant les années 90.

Voici un longue entretien avec lui.

Sunday, September 25, 2011

Les Africains I - Les intellectuels carthaginois

Partie de mes - vaines sans doute - tentatives de me renseigner sur l'histoire (nord-)africaines, Les Africains I - Les intellectuels carthaginois de Paul Monceaux est une introduction dans la littérature latine du Maghreb - et surtout carthaginoise - de l'empire romaine. Les romains avait refondé Carthage après l'avoir complètement rasée et elle redevenait vite le centre intellectuel de l'Afrique du Nord, le Rome de l'Afrique.

Monceaux dans sons œuvre accentue la mélange qui marquait la présence romaine, les influences puniques, berbères sous une gouvernance plus ou moins accepté des romains et en latin. On restait Carthaginois, Maure ou Numide; mais de loin, l'on ressemblait à un Romain. Monceaux, lui-même pied noir vivant dans l'Algérie française vers la fin du 19ème siècle, voit un intéressant parallélisme similaire avec la colonisation (occupation?) française ici: pour les besoins de la vie, il se forma, comme dans l'Afrique française, une langue hybride, où le latin dominait, mais latin tout infiltré de punique et de libyque.

L'auteur décrit la vie intellectuelle au Maghreb romain autant que les intellectuels et écrivains eux-mêmes. Similaire que Hourani son œuvre est malheureusement si dense et rempli de politiciens et autres figures que je connaissais à peine que son livre est une introduction intéressante qui reste insatisfaisante dans le sens qu'elle ne fait clair comment peu on y sait.

Monday, August 01, 2011

Le Lièvre de Patagonie

Claude Lanzmann est évidemment surtout connu pour son œuvre documentaire de huit heures sur l'holocaust: Shoah - que je n'ai toujours pas complètement vu. Le Lièvre de Patagonie et son auto-biographie. Elle est longue, l'auteur est convaincu de soi-même d'une manière irritante même fatigante, Lanzmann de plus - comme Malraux dans ses Antimémoires - ressent le besoin de se montrer proche - ami, confidant - d'un grand homme. Pour Malraux c'était de Gaulle, pour Lanzmann ces sont Sartre et à un moindre degré Simone de Beauvoir dont il fut l'amant pendant quelques années.

Cela semble bizarre peut-être alors, mais le livre vaut vraiment le coup. Lanzmann autant qu'il s'aime soi-même à mené une vie intéressante qui lui a fourni à la fois avec des choses à dire et une style de le faire. Sans vrai fil narrative, il saute de la résistance, au Temps Modernes, à Berlin en 1947, en Israël - qu'il décrit comme la réappropriation de la violence par les Juifs - à tout moment et vers la fin il circule autour le grand projet de sa vie, Shoah.

Sunday, June 19, 2011

Désert

Achat hasard dans ma librairie préférée à Paris, Désert de Le Clézio est le récit d'une jeune fille sans parente qui grandit dans la pauvreté en Afrique du Nord et qui émigre à Marseille seulement pour retourner dans sa ville d'origine. C'est en parallèle l'histoire d'une tentative vaine des tribus du sud (Mauritanie, Maroc voire Sahara orientale, Algérie & Mali) de lutter contre l'occupation française.

Le Clézio est un voyageur par excellence qui ne paraît pas d'avoir une propre Heimat (chez lui) - ce qui me fascine toujours évidemment. Ayant dit cela Désert offre une narrative triste, glorifiant la passée pré-capitaliste, pré-moderne de ces peuples ainsi que la principale protagoniste qui ne convainc pas complètement. Je comprends le sentiment, je suis même d'accord avec l'idée fondamentale derrière, mais je suis toujours suspicieux d'une telle glorification qui ne contient que peu de relativisation. Pour référencer mon grand idole - je suis désolé d'être si prévisible - qui Le Clézio cite comme influence importante aussi, Faulkner regrette aussi la morte d'une région, d'un peuple d'une certaine manière, mais il le fait en étant conscient des défauts de ce peuple et en les montrant au même temps qu'il y a cette tristesse d'une perte dans ces romains.

Le Clézio n'a pas cette distance pour être plus critique tout en étant admiratif, peut-être il n'en a pas parce que contraire à Faulkner il ne fait pas parti des gens qu'il décrit. Il parle d'un autre utopique pas d'un proche (ou de soi-même) aimé mais conscient de ce qui ne va pas. C'est cela mon grand criticisme d'un livre qu'il fait plaisir à lire, l'auteur se rend trop dans la nostalgie, le sentiment. Il ne décrit pas ce qui a été mais ce qui il aime bien regretter.

Saturday, May 14, 2011

Enfances tunisiennes

Un recueilli de textes courtes des auteurs tunisiens sur leur enfance dans le tunisien a été mon cadeau de départ de la France. Une autre manière de le voir serait de le décrire comme mon introduction dans la littérature tunisienne. Un tel format de collection a des défauts ainsi qu'avantages. A la fois il permet au lecteur de se mettre en contact avec plusieurs auteurs dans un seul livre ce qui lui fait possible de développer plus d'une vue globale et au même temps il rend le lecteur frustrant à cause du fait qu'aucun texte soit développé plus longue mais qu'ils ne paraissent comme un goûter se dissipant vite.

Enfances tunisiennes pour moi c'était surtout une présentation fascinante d'une société non-occidentale - la première dans laquelle j'essaie de vivre vraiment. Pour exemple : la deuxième guerre mondiale, l'occupation allemande, a été vécu bien différente que l'arrogante perception européenne nous veut faire croire. Mais au même temps ces auteurs ou beaucoup d'entre eux - sans doute parce que cette collection reste quand même occidentalisé si arabe et musulman au même temps, comme la Tunisie en général j'ai l'impression - ont développé une histoire d'amour avec la langue français qui n'est peut-être même pas possible pour un français.

Finalement j'ai beaucoup retenu de ce livre en terme des idées, des auteurs et des sujets à explorer dans l'avenir. Peut-être en arabe? Je rêve sans doute mais cela n'est-il pas le but de la littérature?
Ce sont les autres qui vous font remarquer que vous êtes étranger.
Attribué ici à Edmond Jabès. W.E.B. DuBois et son veil ainsi que son double consciousness exprimait une pensée similaire.
Quoi de plus antagonique en effet que le français lu et écrit qu'on apprenait en deuxième langue à l'école en Tunisie et le français, le vrai en somme, qui s'écrit et se parle en France. L'un n'est pas l'autre, l'autre n'est pas l'un.
Toutes ces questions d'identités et de langues me fascine de plus en plus ces dernières années parce que - adaptant Robert Cooper - "we are post-modern individuals living in a - mostly - modern world. What, then, should we do?" Mais cela est un autre sujet à explorer une autre fois.

Friday, April 22, 2011

Le Feu

Le Feu d'Henri Barbusse a été parmi les plusieurs livres que je me suis acheté dans un coup de foudre suivant le versement de mes premières salaires ces derniers mois. Chacun gaspillera son argent comme il peut, eh? Malheureusement j'ai décidé de changer du continent peu après et la plupart de ces nouvelles acquisitions garni la chambre d'enfance de mon père chez ma grande-mère maintenant. A qui cela servirait je ne sais pas non plus. Barbusse au contraire m'a accompagné sur le voyage ici et dans mes premiers dix jours en Tunisie.

Pourtant la lecture en a souffert. Assis dans un café de Tunis, entouré par une foule des gens différents et intéressants, les oreilles pleines des sons étranges, frappé par la vie dans un monde si distingué que celle des capitales européennes dont je suis un habitué, la lecture sur la guerre des tranches en 1914 ne s'accordait pas bien. J'ai mis beaucoup trop de temps à finir ce livre alors et mon appréciation de lui en a souffert. Dommage parce que Barbusse même dans la façon interrompue et lente que je l'ai lu arrive bien à peindre une image de l'horreur de cette guerre - dont il, l'auteur, a été participant volontaire! Il décrit la solidarité des petits soldats entre eux (même parfois sur les deux côtés), leurs dépits pour leurs supérieurs, la incompréhension entre le front et les soldats d'arrière voire des civils. Il permet le lecteur de comprendre qu'est-ce que c'était l'affreux de cette guerre non pas seulement avec le cerveau et abstrait mais avec la puante misère qui dominait le quotidien des poilus. J'aurais juste bien aimé de le lire plus afin d'y entre mieux dedans.

C'est ça la guerre [...] c'est la fatigue épouvantable, surnaturelle, et l'eau jusqu'au ventre, et la boue et l'ordure et l'infâme saleté. C'est les faces moisies et les chairs en loques et les cadavres qui ne ressemblent même plus à des cadavres, surnageant sur la terre vorace. C'est cela, cette monotonie infinie de misères, interrompue par des drames aigus, c'est cela et non pas la baïonnette qui étincelle comme de l'argent, ni le chant de coq du clairon au soleil.

Sunday, April 03, 2011

Suite francaise

J'ai l'impression que la langue française me pose toujours des problèmes quand il s'agit de la littérature dans le sens que j'ai besoin de plus de temps pour accrocher à un livre. Pour certains cela arrive trop tard pour que je puisse vraiment y profiter, pour Suite française d'Irène Némirovsky - qui consiste de deux parties plus ou moins liés - j'ai commencé à m'y mettre vers la deuxième tiers de la première partie et surtout dans la deuxième partie.

Némirovsky a été un écrivaine française d'origine russe connue même avant la guerre qui écrivait ce livre sur des routes françaises entourés par une France en déroute - l'armée, des civils, les riches, les pauvres. Étant juive, Némirovsky continuait cette vie sous la persécution des allemands même après l'Armistice. Elle meurt à Auschwitz tel que son mari, ces enfants garde son dernier romain et le publie des décennies plus tard.

L'auteure peint une tableau d'une déroute presque incroyable. Une société qui dégénère dans un chacun pour soit dont le meurtre cruel - presque incrédule - d'un prêtre par ses charges, des jeunes adolescents et criminels. Dans la bouche d'un de ces personnages le plus vain, naïf et comme tel presque pitoyable, elle rend un jugement visionnaire:

Il les avait vu sur la route ceux-là et leurs pareils, il se rappelait les voitures pleines d'officiers qui fuyaient avec leurs belles malles jaunes et leurs femmes peintes, les fonctionnaires qui abandonnaient leurs postes, les politiciens qui dans la panique semaient sur la route les pièces secrètes, les dossiers, les jeunes filles qui après avoir pleuré comme il convenait le jour de l'Armistice se consolaient à présent avec les Allemands. 'Et dire que personne ne le saura, qu'il y aura autour de ca une telle conspiration de mensonges que l'on en fera encore une page glorieuse de l'Histoire de France. On se battra les flancs pour trouver des actes de dévouement, d'heroism.'


Mais Némirovsky se garde une humanité impressionnante, la deuxième partie du livre montre l'occupation d'une petite village pars des allemands et comment les liens se développent entre les soldats allemands et - surtout mais pas seulement - des jeunes filles françaises. Pour la première fois dans un livre non-allemand de ma connaissance, les allemands ici - surtout un - sont montrés comme des individus et pas comme un masse des êtres abrutis et dénoué des sentiments. Il est vrai que Némirovsky ne se rendait sans doute pas compte de son avenir, de la Shoah et de son - court - avenir personnel à elle.

De son journal personnel cité dans l'annexe:
Je hais cet esprit communautaire dont on nous rebat les oreilles. Les Allemands, les Français, les gaullistes s'entendent tous sur un point: il faut vivre, penser, aimer avec les autres, en fonction d'un État, d'un pays, d'un parti. Oh, mon Dieu ! je ne veux pas !