Arnaud Leparmentier est un des rédacteur en chef du Monde et un éditorialiste que je 'aime beaucoup. Son livre Ces Français, fossoyeurs de l'euro a gagné une prix pour la livre politique de l'année 2013 en France et le sujet m’intéressait. C'était un peu un évidence que je me le suis procuré alors. Il ne m'a pas vraiment convaincu par contre. Déjà, le texte donne plus l’impression d'être une collection des courtes essais sur l'histoire de l'euro que d'avoir une fil conducteur. Ce qui est de plus, j'ai du mal à croire à une version de l'histoire si concentré sur des individus (des hommes et femmes politiques) et leurs interactions. C'est intéressant de lire ces anecdotes mais je ne sais pas à quel point ils sont décisifs pour avoir vraiment déterminé la façon que l'histoire s'est développé. Une lecture intéressante alors, mais je m'attendais à un point de vue plus globale, un récit moins anecdotique et plus révélateur.
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Sunday, December 29, 2013
Tuesday, October 22, 2013
Oublier Berlin
Jean-Yves Cendrey commence son livre Oublier Berlin avec une citation de Céline qui peut être lu symbolique pour la ville qu'il décrit ainsi: "Pluie, soleil, ou neige Berlin a jamais fait rire, personne!"
Cendrey s'est mis dans ma cœur par une drôle de façon, par son dépit de Berlin. A un moment où tout le monde semble s'approprier la ville, où même les expatriés hipsters s'auto-proclament innocent du sacking (en autres mots: le changement) de Berlin, cet auteur français parle d'une ville qu'il trouve froid, sans charme, dans un pays qui vit une résurgence de l’extrême droite où les attentats sur les maisons d'habitations des demandeurs d’asiles paraissent quotidien. C'est le Berlin, l'Allemagne de Mölln, de Rostock-Lichtenhagen, directement après la réunification avant ni les touristes ni les expatriés avait découvert la ville.
Années glorieuses soi-disant, sauf que Cendrey n'aimait pas la ville. Il s'échauffe sur le comportement bien berlinois de toujours gueuler sur son voisin (un vrai Berlinois ça se fait remarquer par sa Berliner Schnauze - sa gueule de gueulard), il s'échauffe du temps, des administrateurs, des policiers. Et il a raison évidemment, la ville qu'il décrit était (et l'est) moche, les gens n'y sont pas trop sympa et il n'y a toujours pas particulièrement de style (hors de quelques quartiers en vogue du centre-ville).
Un aperçu d'un Berlin qui n'existe plus où qui existe - en partie - encore mais qui a été couvert par un nouvelle image celle d'un Berlin arm aber sexy (pauvre mais sexy) peuplé par par des gens hips du monde entier. Un aperçu qui vaut bien le coup en plus. Et d'ailleurs autant que Cendrey avait raison, autant que je suis d'accord avec lui, je reste un fier Berlinois et Cendrey évidemment y vit de nouveau depuis un décennie maintenant. Je suis curieux de voir ce qu'il a écrit sur Berlin ces derniers années au fait.
Monday, December 31, 2012
Nord
Lecture difficile. J'ai eu du mal à finir Nord de Céline en
parallèle avec mes études. Ce roman autobiographique est beaucoup
moins accrocheur que son œuvre la plus connue, Voyage au bout de la nuit. Le style d'écriture est par ailleurs peu accessible. Céline
y décrit le début de son exil après la fin du régime de Vichy et
l'occupation allemande de la France. L'auteur a été qualifié par Malraux
de « pauvre type » mais de « grand écrivain », admiré pour son Voyage au bout de la nuit et condamné pour
son collaborationnisme intellectuel et ses diatribes antisémites.
En 1944, il fuit Paris avant la libération, craignant les
répressions dont il pourrait faire l'objet. Il se rend en Allemagne,
à Baden-Baden, puis à Berlin et finalement à Kränzlin
(Zornhof dans son roman - petit village aux alentours de Berlin).
Céline décrit une Allemagne en désarroi dans les derniers mois de
la guerre, les fêtes orgiaques à Baden-Baden où - comme partout -
tout le monde sait que la guerre est perdue mais personne ne l'admet,
la corruption voire la tromperie à Zornhof où un dernier SS et la
police règnent toujours sans que l'espoir ni la croyance ne
subsiste. C'est un monde apocalyptique qu'il voit et décrit peuplé
de personnage désespérés, perdus et sans scrupules. Il y voit
relativement clair sans doute.
Pourtant l'auteur est incapable d'appliquer cette franchise
intellectuelle à lui-même. Non seulement attaque-t-il ceux qui
osent le qualifier dans la France d'après-guerre d'hypocrite et de
ridicule, et dénonce-t-il leur focalisation sur lui - sans doute à
raison vu l'importance de la collaboration en général - mais il nie
aussi toute erreur de sa part. Il estime ne pas avoir commis de
fautes, réagissant seulement à des circonstances difficiles . Il
prétend s'être retrouvé dans cette situation à son insu et le
lecteur cherche en vain une réflexion de sa part sur l'horreur du
régime nazi et sur sa collaboration (intellectuelle).
Une lecture difficile donc, au niveau linguistique et en raison de
son contenu. Le livre est loin d'atteindre la qualité de Voyage au
bout de la nuit, mais reste néanmoins intéressant.
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