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Sunday, September 01, 2013

Chroniques algériennes (1939-1958)

Les Chroniques algériennes (1939-1958) d'Albert Camus ont récemment été publié en anglais pour la première fois ce qui a suscité des critiques de son livre qui me l'ont fait acheté (en français) - regardez par exemple Paul Berman. Camus publiait sa collection en 1958 comme témoin de son activisme pour l'Algérie de longue date. Il se voit du fait comme algérien qui veut mettre fin à la guerre civile au pays qu'il ne regarde pas comme guerre d’indépendance parce qu'il est évident pour lui que les Français d'Algérie sont Algériens eux aussi. Il se réclament aussi de l'autorité sur la question y ayant travaillé dans les années 30 déjà quand la question ne suscitaient guère de l'intérêt en métropole.

Ce qui est le plus remarquable dans ses articles d'Algérie (écrit en 1939 et 1945) et la réalisation choquant du lecteur naïf contemporain de l'échec total du système gouvernementale coloniale. Il y a des famines en Kabylie dans les années 30, le système scolaire est à terre et il se trouve en place une régime d’apartheid qui fait difficile l'émigration vers la France. Après la deuxième guerre mondiale la situation ne change pas fondamentalement avec et les colons et les Arabes (et Berbères) soumis à une mangue de nourriture. Au même temps qu'une discrimination légale de nourriture est en place qui fait qu'un Européen Algérien reçoit plus à manger qu'un Algérien Arabe ou Berbère.

Ce qui est presque tragique est la croyance tardive et sans doute naïve de Camus qu'une fédération à la Suisse serait toujours possible à la fin des années 1950. Il ne voit pas que ses conceptions d'une identité algérienne au-delà des trois religion sur place voire des différentes ethnies ne sont plus valable dans un contexte de violence et d'affirmation des idées nationalistes. Et pourtant sa vision d'une Algérie démocratique - ethniquement et religieusement mixte et ayant abandonné son système colonial d'apartheid - de mon point de vue aurait offert une voie magnifique pour une meilleure compréhension sur les deux côtés de la Méditerranée en abolissant la fausse dichotomie arabo-musulman pauvre et européen-chrétien riche. Utopique sans doute mais une belle rêve pourtant.

Sunday, December 11, 2011

L'attentat

Je ne sais pas qu'est-ce que c'est exactement avec la littérature algérienne. Peut-être quelque chose dans l'eau la-bas. En tout cas je kiffe vraiment vaque auteur algérien que j'ai lu jusqu’à maintenant - admettons, il n'y en pas trop. Cette fois-ci c'est Yasmina Khadra et on livre L'attentat. Son livre décrit les tentatives d'un palestinien de nationalité israélien, bien intégré, voir riche et avec beaucoup de succès comme médecin, qui gère - ou pas - le suicide de sa femme en tant que bombe humaine.

Sujet très difficile, et Khadra souvent - parfois? - prend des positions auxquelles j'ai du mal de m'accorder. Mais il n'entre pas trop dans le jeu politique et peint un conflit israélite-palestinien sans vrai personnage vilaine. Ce suffit pour lui de démontrer la violence, le conflit intra-palestinnienne, le racisme quotidien envers des palestiniennes vivant en Israël mais son raisons d’être. Un livre comme un ouragan qui emmène le lecteur avec lui sans qu'il puisse s’arrêter ni savoir ou il en va finir.

Wednesday, October 19, 2011

Le Village de l'Allemand

Un écrivain politisé algérien qui écrit en français et dans son livre Le Village de l'Allemand ou Le journal des frères Schiller parle à la fois de l'histoire allemande, algérienne et l’intégration en France. Clairement il y en avait pour que je m'y intéressais. Ironiquement Boualem Sansal vient de ganger le Friedensbuchpreis en Allemagne est celui que j'ai considéré comme obscure était omniprésent pendant mon séjour à Berlin la semaine passée.

Sansal ici raconte l'histoire des deux frères Schiller dont le père était allemand mais pourtant faisait partie de la résistance contre la colonisation française. Ayant marié une jeune femme dans un bled algérien, ce père les fait envoyer en France dans leur adolescence. Le livre se base sur la recherche des ces deux frères sur leur père, leurs pays et comment gérer voire comprendre le passée.

Comme ma récente découverte Kateb Yacine, Sansal remplit bien mon image sans doute idéalisé de la littérature algérienne comme étant particulièrement intéressante et de qualité. L'auteur habite toujours en Algérie - autrement que beaucoup de ses co-intellectuels algériens - et paraît de jouer un rôle important comme écrivain critique vers le regime en place dans son pays autant que vers les Islamistes. Sur ce dernier point je le trouvais même trop extrême mais cela vient sans doute avec ayant vécu en Algérie pendant les années 90.

Voici un longue entretien avec lui.

Monday, September 12, 2011

Le cercle des représailles

Avec une certaine incompréhension arrogante et vaine des différences culturelles je me suis acheté quelques livres des auteurs arabes, non tunisiens, pour m'accompagner dans ma vie ici à Tunis. Kateb Yacine alors, auteur d'un des livres le plus fort que je n'ai jamais lu en français Nedjma. Est-il algérien, berbère, français? Ni l'un, ni l'autre sans doute, surtout si cela est une question d'exclusivité, définitivement pas français peut-être. Il écrivait dans les trois langues en tout cas.

Le cercle des représailles consiste de trois pièces et un longue poème à la fin. Yacine reprend ici, ou plutôt - si je comprends bien - commence à développer ici, les mêmes personnages que dans son romain déjà cité. Je ne lis que très rarement du théâtre et trouvais parfois difficile de rentrer dedans dans les peu d'auteurs de pièce que j'ai lu - Schiller, Shakespeare, Sartre. Au même temps ces trois j'ai fini par clairement apprécier. Avec ce Cercle des représailles et ses deux drames interrompu par une comédie ironique c'était similaire. Yacine est difficile à suivre, à comprendre parfois. Il explique peu et s’appuie sur une grand nombre de personnage pertinent. Mais finalement le lecteur endurant y arrive.

Je suis devenu, de nouveau on pourrait presque dire, un grand militant de Kateb Yacine. Je trouve qu'il a une force d'écriture et aussi un sujet (la colonisation et la lutte contre) que très peu d'écrivains équivalent, Faulkner et Sarte sont des noms que j'évoquerais ici.

La francophonie est une machine politique néocoloniale, qui ne fait que perpétuer notre aliénation, mais l'usage de la langue française ne signifie pas qu'on soit l'agent d'une puissance étrangère, et j'écris en français pour dire aux français que je ne suis pas français.
 Et d'un lecteur:
C'est trop compliqué, ça. En Algérie vous avez de si jolis moutons, pourquoi vous ne parlez pas de moutons ?
Source: Wikipedia

Saturday, June 05, 2010

Nedjma

Comme Allah n'est pas obligé Nedjma est un autre exemple de la littérature francophone sans être française. Son auteur Kateb Yacine grandit dans l'Algérie français des années 1940, participa aux manifestations contre la colonisation française du 8 mai 1945 et fut arrêté et emprisonné après. Comme beaucoup d'auteurs de qualité (ce qui est mon impression peu scientifique ni experte en tout cas) les événements dans Nedjma ont été inspirée par sa propre vie. Quatre jeunes hommes tombent amoureux d'une femme mariée (Nedjma) qui appartient à leur cercle d'ami ou même leur propre famille (ce qu'il paraît Yacine ait vécu aussi.) L'histoire prend place dans une Algérie dominée par une naissante mouvement d'indépendance, par la répression française et le racisme quotidien des européens envers les algériens.

Le livre comme soit est impossible de récapituler ici et dans peu de mots. La narration saute d'une perspective à l'autre, d'une personnage principale à l'autre, d'une période historique à l'autre. Il est difficile de suivre le fil de l'histoire parfois, même de simplement comprendre ce qui se passe dans certaines scènes (ce que j'admets volontairement d'être possiblement due à ma manquante connaissance du français aussi). Mais Nedjma est un chef-d'œuvre qui d'une façon presque magique fait naître l'ambiance d'un pays en occupation (ironiquement au moment exact que la France soit libérée), d'un peuple (autant que je n'aime pas ce mot et ai du mal à croire à la validité du concept soi-même) discriminé et opprimé par cet occupant.

Cette littérature est fascinante déjà pour l'ambivalence linguistique de quelqu'un opprimé par la France mais qui écrit en français. Yacine arrêta d'écrire en français plus tard mais vécut en France ainsi qu'en Allemagne (s'entretenant longtemps avec Brecht selon Wikipedia). Elle , cette littérature francophone sans être française) est intéressante à cause de la constellation spécifique politique de l'Algérie, sa situation pre-post-coloniale. Mais Nedjma est plus que ça, elle est simplement un livre très intelligent et fort qui n'a pas besoin d'être présenté comme un œuvre minoritaire qui soit méritoire à cause de cela seulement. Ceci est vrai aussi, mais le bouquin vaut le coup comme soit sans ces aspects accessoires.

Sunday, December 07, 2008

Histoire de la guerre d'Algérie

L'Histoire de la guerre d'Algérie de Benjamin Stora est un petit livre de 100 pages que je n'ai pas réussi à lire vite quand même. Le livre est écrit comme une introduction au sujet, dense comme une historiographie, toutes phrases pleines de chiffres ou de noms inconnu. J'avais du mal avec ce livre à cause de cela. Je ne savais rien sur la guerre en Algérie, peut-être moins sur l'histoire de la France à l'époque, beaucoup des noms, beaucoup des sigles ne formaient qu'une foule incompréhensible pour moi. Même si le bouquin apparaît être une introduction, je le trouve trop dense, trop intense pour l'être pour quelqu'un vraiment ignorant.

Au même temps le contenu de l'œuvre m'a choqué, je ne me suis pas rendu compte de cet histoire. Le nombre de morts, la violence des deux côtés, le comportement des militants de l'Algérie française (l'OAS), les Européens en Algérie et leurs manifestations, le fait que pendant que la France faisait la guerre en Algérie il y avait une immigration massive des algériens vers la France (la métropole si vous voulez). Quel bordel.